Commencez par inspecter l’abdomen en zone sus-pubienne. En temps normal, même une vessie pleine ne devrait pas être visible. Si vous observez une voussure sus-pubienne, pensez à un globe urinaire, qui peut même parfois atteindre le nombril. Attention, chez un patient en surcharge pondérale, la voussure n’est pas aussi flagrante, voir invisible. La palpation sus-pubienne nous permet d’évaluer la taille du globe urinaire. Vous pouvez également effectuer une percussion, qui sonnera mate.
Lorsqu’un patient présente une rétention urinaire, il faut penser à trouver l’étiologie. Chez l’homme, on doit penser à une hypertrophie bénigne de la prostate, une prostatite ou un cancer de la prostate. Chez la femme, il faut penser à un prolapsus génital sévère et faire un examen gynécologique complémentaire. Il faut également penser au cancer vésical, un caillot vésical, une sténose urétrale, un calcul urétéral, une infection urinaire basse (surtout chez l’homme). Pensez toujours à exclure des troubles neurologiques (neuropathie périphérique, syndrome de la queue de cheval, neuropathie centrale).
Une palpation sus-pubienne douloureuse doit faire suspecter une infection urinaire basse, ou toute inflammation de la vessie (cancer, caillot, calcul). Il faut également considérer toute pathologie digestive basse ou gynécologique. La part de chose étant parfois difficile à faire sur la base de l’examen clinique seul.
L’inspection du méat urétral se fait en position gynécologique ou en position « papillon » allongé chez la femme, et en décubitus dorsal simple chez l’homme. Observez le lieu d’abouchement de l’urètre. Il devrait se situer sur le sommet du gland chez l’homme et 2-3cm au-dessus l’orifice vaginal chez la femme. Chez l’homme, on peut trouver un hypospadias (méat sur la face ventrale du pénis) ou un épispadias (méat sur la face dorsale du pénis). L’hypospadias est souvent associé à un prépuce en tablier de sapeur et une chordée ventrale (cf. examen du pénis). Ils peuvent également être secondaires au port d’une sonde vésicale sur le long terme (années). Les hypospadias et épispadias peuvent également survenir chez la femme mais sont nettement plus rares. Ces affectations sont souvent traitées chirurgicalement tôt dans l’enfance. Observez l’aspect du méat, on peut voir une protrusion ou une masse en cas de condylome ou d’autre lésion. Un écoulement trouble doit faire rechercher une IST. Vous pouvez demander au patient de tousser ou de faire une manœuvre de Valsalva pour objectiver des pertes urinaires ou un prolapsus urétral et/ou vaginal.
Chez la femme, inspectez le méat urinaire et l’orifice vaginal à la recherche d’un prolapsus. Pour confirmer qu’une protrusion au niveau de la vulve est un cystocèle (descente de la vessie dans le vagin), il faut effectuer un examen au spéculum à une seule lame. Insérez le spéculum dans le vagin et rétractez la paroi vaginale postérieure et demandez à la patiente de tousser ou de pousser tel un accouchement. Le stade du cystocèle est posé en fonction de la localisation du prolapsus à l’effort. Un toucher vaginal peut permettre de ressentir un cystocèle sous forme d’une tuméfaction molle réductible à la paroi vaginale antérieure.
Classification de Baden-Walker | |
Stade |
Localisation du prolapsus |
1 |
Intravaginal |
2 |
Affleurant la vulve |
3 |
Dépassant l’orifice vulvaire |
4 |
Prolapsus totalement extériorisé |
Source : urofrance.org




