Comme pour toute plainte, il faut demander le moment d’apparition, le mode d’apparition (brutal/progressif), les facteurs déclenchants/aggravants et soulageants, et si c‘est un premier épisode. Si la plainte est une douleur, vous pouvez suivre le mnémotechnique PQRST (provocation/palliation, qualité, région/irradiation, sévérité, timing/1er épisode).
Puis, il faut investiguer tous les symptômes locaux : un gonflement, une masse ou nodule, une asymétrie, une chaleur, une rougeur, une sensation de pesanteur scrotale, une rétraction scrotale. Il faut également demander s’il y a eu des écoulements urétraux (qui vous mettraient sur une piste infectieuse), et les caractériser s’ils sont présents.
Pour toute plainte testiculaire, il est important de demander la présence de symptômes B : fièvre, frissons, sudations nocturnes, perte de poids récente et importante, douleurs osseuses ou abdominales. La fièvre n’indique pas forcément une néoplasie, pensez également à l’infection[JFB3.1], notamment aux IST. Des nausées et vomissements peuvent survenir en cas de torsion testiculaire. Effectuez également une brève anamnèse urinaire (dysurie, pollakiurie, hématurie) pour chercher des symptômes associés.
L’anamnèse sexuelle est cruciale en cas de plainte testiculaire. Les patients vont rarement l’aborder par eux-mêmes. Les douleurs testiculaires liées à une orchite ou épididymite peuvent provenir d’une IST. Est-ce qu’il y a eu une activité sexuelle récente ? Quelle est la pratique des rapports, orale, vaginale, anale ? Les rapports anaux sont plus à risque de provoquer des infections, surtout s’ils sont non-protégés. Les rapports sont-ils protégés ou non ? Le partenaire est-il stable, combien de partenaires est-ce qu’il y a eu sur la dernière année ? Recherchez la présence de douleurs à l’éjaculation, une hémospermie ou des troubles de l’érection. Des antécédents d’IST par le passé doivent être également notés.
En termes d’antécédents, en plus des questions habituelles (comorbidités, opérations, hospitalisations, traitement habituel, allergies, habitudes), il est important d’investiguer un certain nombre d’antécédents qui peuvent être assez spécifiques à l’anamnèse testiculaire. Les voici sous forme de check-list.
- Antécédent de torsion testiculaire et donc d’orchidopexie chirurgicale
- Antécédent d’orchite ou épididymite
- Antécédent de cryptorchidie
- Antécédent de calcul urinaire (peut provoquer une douleur irradiant dans les testicules)
- Antécédent personnel ou familial de cancer testiculaire




