Avant d’initier l’évaluation primaire, il est nécessaire d’anticiper les différents matériels diagnostiques et thérapeutiques pouvant être nécessaires. Pour la gestion du A, l’acronyme “SOAP” est utile pour se souvenir de prévoir : de quoi aspirer (Suction-aspiration), une source d’Oxygène, de quoi maintenir les Airways perméables (masque, canules de Wendl-Guedel, laryngoscope, tube endotrachéal) et de quoi Perfuser (voies veineuses, plateau de médicaments à disposition). Une simple lampe est également nécessaire afin de bien évaluer les voies aériennes.
Pour le B, un oxymètre de pouls sera requis pour évaluer la qualité de la ventilation, voire un capnographe, qui permet une étude plus fine de celle-ci par la mesure de l’EtCO2, concentration du dioxyde de carbone en fin d’expiration. Lors de situations d’intubation voire d’ACR, l’utilisation de capnographe avec mesure de l’EtCO2 permet de confirmer le placement de la sonde d’intubation dans la trachée (EtCO2 présente alors qu’absence de valeur en cas d’intubation oesophagienne), de monitorer la qualité du massage cardiaque (cible >10mmHg) et de détecter un retour à une circulation spontanée (ROSC) en cas d’augmentation rapide de l’EtCO2. Dans des situations d’analgo-sédation, le monitoring par une lunette nasale spéciale de l’EtCO2 expiré permet de monitorer la fréquence respiratoire (dans ce contexte on ne peut en revanche pas prendre de décisions sur la base de ses valeurs, contrairement aux situations d’ACR). Un support d’oxygénation est à anticiper (lunettes, masque simple ou à haute concentration), dont le choix est guidé par la SpO2 mesurée, la cible souhaitée et la clinique du patient. Généralement, l’oxygénation instaurée au déchoc se doit d’être rapide et efficace, on préférera donc souvent le masque aux lunettes, à des débits et FiO2 plus élevées, du moins au début de la prise en charge. Une machine d’échographie pour un eFAST, également utile au C, est nécessaire. Finalement, devant un possible pneumothorax, une aiguille de décompression et un kit de drain thoracique sont également à anticiper.
Pour le C, l’analyse de l’hémodynamique de base nécessite un tensiomètre, des électrodes pour un monitoring cardiaque du patient ainsi que de quoi faire un ECG 12 dérivations. Deux voies d’abord de gros calibre sont à prévoir, voire une voie centrale pour les patients plus instables. Du matériel pour prélever une gazométrie, des examens de laboratoires et des hémocultures est à prévoir. Finalement, tout un arsenal thérapeutique est à anticiper pour stabiliser le patient tant sur le plan hémodynamique. On peut pour ce faire utiliser des mesures préventives ou curatives physiques (ceinture pelvienne, garrots, pansements compressifs ou hémostatiques, …), médicamenteuses (vasopresseurs, acide tranexamique, …) ou transfusionnelles (solutions de cristalloïdes, culots érythrocytaires, concentrés plaquettaires, plasma frais congelé, …).
La majeure partie analytique du D repose sur la clinique neurologique présentée par le patient, nécessitant uniquement une lampe afin d’évaluer les pupilles, ainsi qu’un glucomètre (ABC DEFG : Don't Ever Forget Glucose).
Finalement, pour le E, on anticipera un thermomètre auriculaire, de quoi réguler la température corporelle (draps chauds, perfusions de liquides réchauffées, antipyrétiques) et de quoi améliorer le confort du patient (antalgie à adapter en fonction des douleurs et de l’état hémodynamique du patient).




