À la naissance, il est fréquent d’observer la présence de vernix caseosa, substance blanchâtre recouvrant la peau du nouveau-né à terme. Il tend à disparaître spontanément dans les heures suivant la naissance. Son absence oriente plutôt vers un enfant post-terme, dont la peau peut apparaître sèche, craquelée et desquamée. Une acrocyanose (cyanose des extrémités) est fréquente au cours des premières heures de vie et n’a pas de signification pathologique si l’examen cardio-respiratoire est normal. En revanche, une cyanose centrale doit alerter sur une possible détresse cardio-respiratoire, une anémie ou un état de choc.
L’apparition d’un ictère est également à surveiller. Il est physiologique s’il apparaît dans le 2e et le 5e jour de vie. Un ictère qui apparaît déjà dans les premières 24 heures de vie doit faire suspecter une cause pathologique comme une anémie hémolytique en cas d’incompatibilité Rhésus ou ABO, un sepsis néonatal, ou encore une hypothyroïdie. Des examens complémentaires sont alors nécessaires.
Les éruptions cutanées néonatales sont fréquentes et, dans la majorité des cas, bénignes et transitoires. Parmi les plus courantes, on retrouve le milia, petites papules blanches localisées sur le nez ou les joues, et l’érythème toxique du nouveau-né, touchant entre 40 à 70% des nouveaux-nés, constitué de macules rouges parsemées de papules blanchâtres de 1 à 2 mm apparaissant dans les premiers jours de vie notamment sur le tronc. Il est important de noter que le nouveau-né se porte bien cliniquement, il faut donc rassurer les parents. La présence d’angiomes plans ou d’hémangiomes doit être notée et leur évolution surveillée au fil du temps.
L’inspection de la peau doit également rechercher d’éventuelles lésions traumatiques liées à l’accouchement, telles que des hématomes, des ecchymoses, des pétéchies, des érosions superficielles, voire de véritables plaies notamment en cas d’extraction instrumentale ou de césarienne.
Certains signes cutanés méritent une attention particulière : la présence d’œdèmes localisés, notamment au niveau du scalp, des paupières ou des organes génitaux, est souvent transitoire. Des lésions pigmentaires congénitales, comme des nævus ou des taches café au lait (faisant évoquer une neurofibromatose de type 1 si elles sont nombreuses), doivent être décrites avec précision pour assurer un suivi dermatologique. De plus, des angiomes étendus ou des plaques vasculaires situées sur la ligne médiane peuvent évoquer une anomalie syndromique, telle qu’un syndrome de Sturge-Weber ou de PHACES, et nécessitent une évaluation spécialisée.




