La section ci-dessous est tirée du guide à l’investigation psychiatrique – Médecin stagiaire, 6ème
année. Unité d’Enseignement Clinique Prégradué du Département de Psychiatrie – CHUV
La suicidalité doit être évaluée avec tout patient et le fait de ne pas poser la question au patient est considéré comme une faute médico-légale.
Exemples de questions à poser :
- «Est-ce que vous avez par moment des idées suicidaires ou des envies de vous faire du mal ?»
- «Est-ce que cela vous arrive d’avoir envie de mourir ?»
- «Avez-vous déjà pensé à vous suicider ?»
Si le patient évoque des idées suicidaires : rechercher la présence de scénarios, de leur degré d’élaboration et de planification. Rechercher les antécédents de tentative de suicide et les moyens utilisés.
→ Importance de clarifier ce que vous entendez par « idées noires » ou « envies de se faire du mal » car ces expressions ne sont pas comprises de la même manière par tout le monde. Il peut être bénéfique d’utiliser des phrases claires comme « Avez-vous envie de vous tuer ? », « Avez-vous envie de vous suicider ? » ou « Avez-vous des idées suicidaires ? ». De plus, parler de manière claire et frontale des idées suicidaires diminue le tabou que cette thématique véhicule malgré-elle et permet de renforcer la confiance du patient envers son thérapeute et de diminuer la culpabilité que ce dernier peut éprouver en lien avec ses idées suicidaires.
Évaluation du risque auto-agressif ou du potentiel suicidaire selon 3 critères (UDR)
1. Urgence (type et imminence du scénario)- Évaluation de la présence d’un scénario suicidaire ou non, degré d’envahissement des idées suicidaires, degré de planification dans le temps du geste suicidaire.
- Accessibilité au moyen et létalité du moyen (armes à feu, défenestration, voies ferrées, pendaison, noyade, médicaments).
- Facteurs de risque épidémiologiques : antécédents de tentative(s) de suicide, sexe masculin, trouble psychiatrique, dépendance aux substances, isolement social et familial, évènements de vie négatifs, maladie chronique, affection somatique invalidante.
- Signaux d’alerte/facteurs précipitants : pertes, échecs, humiliation/violence, désespoir, rage, comportements à risque, retrait, anxiété, instabilité de l’humeur, agitation.
Figure 1: Modèle de prévention RENCONTRE |





