La section ci-dessous est adaptée de Psycom « Ce qu’on peut faire contre la stigmatisation » consulté le 12 octobre 2025.
Souffrir d’un trouble psychique peut avoir des conséquences négatives comme des jugements hâtifs péjoratifs et être considéré comme une personne inférieure. C’est ce qu’on appelle la stigmatisation (pensées, croyances, représentations). Cette dernière fait souffrir les personnes visées et parfois même plus que la pathologie psychiatrique en elle-même. Cette stigmatisation peut mener à une discrimination (comportments, actions) qui se définit comme une différence de traitement, par exemple dans l’accès à un emploi, à un logement, à certains soins ou loisirs.
Cette discrimination peut avoir plusieurs origines :
- Individuelle : manière dont un individu se comporte (différemment) face à une personne souffrant d’un trouble psychique.
- Institutionnelle : la manière dont la société est organisée (écoles, hôpitaux, justice ou forces de l’ordre peut être la source d’inégalités de traitement envers certaines personnes
- Structurelle : inégalités de traitement envers certaines personnes, à l’échelle de la société toute entière.
Ces différentes formes de discrimination mènent à une forme plus discrète mais tout aussi sournoise : l’auto-stigmatisation. Cette dernière se traduit par des croyances négatives sur soi-même entraînant une faible estime de soi, qui limitera la personne dans son quotidien. Elle aura alors tendance à s’isoler, se retirer, se sentir coupable et aussi perdre l’espoir d’une guérison ou d’un rétablissement.
« Le stigmate de la « folie » : de la fatalité au rétablissement » tiré de la Revue Médicale Suisse dit :
« La stigmatisation est une réaction sociale « naturelle », en partie inconsciente et automatique envers des populations « différentes » et « vulnérables ». Être soupçonné de dangerosité, privé d’emploi, écarté de la société, enfermé, agressé ou tué fait partie des conséquences possibles de la stigmatisation des troubles mentaux. Malgré les progrès des traitements psychiatriques, le stigmate de la « folie » reste un frein au rétablissement. Le processus de stigmatisation est plus complexe qu’un simple étiquetage et aboutit à la discrimination et à la perte de pouvoir social. » « Il serait donc vain de vouloir l’éradiquer : lutter contre la stigmatisation de la folie est un processus permanent. (…) La question du pouvoir étant centrale, cette lutte passe par une reconnaissance et un partenariat étroit avec les associations d’usagers et de proches, afin d’augmenter leur pouvoir de décision sur la mise en place du cadre légal, la planification de la santé mentale, la gestion des institutions, l’exercice des professions de la santé et du social et la contribution à la recherche et à l’enseignement. Pour la psychiatrie, il s’agit également de développer les services qui favorisent l’intégration et la récupération d’un rôle social. Dans sa pratique clinique quotidienne, le praticien intéressé à lutter contre la stigmatisation sera soutenu par les concepts actuels de rétablissement et de décision partagée. Ainsi, les personnes ayant souffert d’un trouble psychique deviendront des citoyens différents, mais comme chaque citoyen a sa différence. »





